Du têtard à la grenouille : explications et anecdotes

Date : 24/04/2019 - Catégorie : Les animaux sauvages

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La métamorphose du têtard en grenouille est un processus dont la durée est extrêmement variable, pérennité de l’espèce oblige. Les batraciens tentent en effet de s’adapter pour survivre. D’ailleurs, de très nombreuses espèces menacées sont désormais protégées en France par arrêté du 19 novembre 2007. Voici dans les grandes lignes comment se déroulent les différentes étapes de développement, depuis l’état larvaire jusqu’à ce que la grenouille sorte de son milieu aquatique pour aller coasser près des mares durant la période des amours.

Du têtard à la grenouille : explications et anecdotes

Présentation des Batraciens

La classe des Batraciens que l’on appelle aussi les Amphibiens compte des milliers d’espèces dont 6 500 espèces recensées. Elle se compose de trois groupes :

Nombre de Batraciens vivent dans l’eau à l’état larvaire, puis sur la terre lorsqu’ils sont adultes. Certains d’entre eux évoluent à proximité immédiate d’un milieu aquatique et passent de longs moments sous l’eau. Les cécilies et les urodèles conservent leur queue à l’âge adulte, ce qui n’est pas le cas des anoures.

Contrairement aux idées reçues, la grenouille n’est pas la femelle du crapaud. Crapaud, grenouille et rainette sont différents, bien qu’appartenant au même groupe. Ils se distinguent par leurs caractéristiques physiques, leur type d’habitat, et même par leur façon de déposer leurs œufs. En revanche, les anoures ont dans la grande majorité des cas un mode de reproduction similaire.

Printemps : la saison des « Anoures »

Au début du printemps, lorsque la température extérieure s’élève durant plusieurs jours, les Anoures se rassemblent dans une zone où la ponte aura lieu. Durant cette saison des amours, les mâles gonflent leur sac gulaire, sorte de caisse de résonance constituée d’une membrane souple, puis coassent. Les femelles sont attirées par le chant nuptial qu’elles perçoivent à des kilomètres à la ronde.

Une femelle anoure peut pondre jusqu’à 20 000 œufs d’un diamètre de 5 mm tout au plus. Les grenouilles sont généralement ovulipares, c’est-à-dire qu’elles pondent leurs œufs – qui ne sont autres que des ovules à maturité -, et ceux-ci sont fécondés par le mâle à l’extérieur de l’organisme maternel. La durée de fécondation varie de 2 à 21 jours. Cela permet à la femelle d’attendre la période météorologique la plus favorable pour pondre.

La durée de développement du têtard à la grenouille varie du simple au triple

Etapes de développement de la grenouille

La durée de développement du têtard à la grenouille varie du simple au triple, selon l’abondance ou au contraire le manque de nourriture et la température du milieu aquatique. C’est au cours des cinq premières semaines que le têtard est le plus exposé aux risques d’être mangés par les poissons et autres prédateurs.

Les différentes étapes de la métamorphose sont les suivantes :

A 4 mois, le têtard peut sortir de l’eau pour se poser sur de gros cailloux. Il saute de pierre en pierre : le têtard est devenu grenouille.

La haute vulnérabilité du têtard

Le têtard est composé d’une grosse tête et d’une queue natatoire grâce à laquelle il se déplace dans le milieu aquatique. Comme nous l’avons vu précédemment, il est dépourvu de pattes et équipé de branchies – soit internes, soit externes – grâce auxquelles il respire. A ce stade, il est très vulnérable :

Le têtard passe son temps à se nourrir. Son menu est constitué de protozoaires, d’algues planctoniques ou encore de bactéries. Parfois, les têtards se mangent entre eux.

Une grenouille ovovivipare en Indonésie

La nature n’a pas fini de nous étonner ! A l’est de Bornéo (Indonésie), au cœur de la forêt équatoriale de Sulawesi, une grenouille étonnante, Limnonectes larvaepartus, a été découverte par Djoko Iskandar, zoologiste herpétologue. Ce qui la distingue de tous les autres amphibiens est qu’elle ne pond pas mais donne naissance à des têtards déjà formés. En d’autres termes, chez cette grenouille la métamorphose larvaire a déjà eu lieu dans le corps de la mère.

On ignore encore comment se passe exactement la fécondation de cette femelle par le mâle. Il semble en tout cas que cette grenouille bien singulière est ovovivipare, c’est-à-dire que l’éclosion des œufs a lieu dans le ventre de la mère, comme c’est le cas chez certains poissons… Ce développement direct pourrait être lié aux conditions climatiques et prouve que le processus évolue pour assurer la pérennité des espèces.

Têtards, un développement à la carte

Pour pouvoir survivre malgré certaines conditions extérieures néfastes, le têtard peut accélérer son processus de développement afin de pouvoir s’extraire du milieu aquatique plus rapidement. Cette particularité permet à certaines espèces de batraciens d’échapper à des conditions d’existence impossibles à supporter comme l’assèchement de son milieu aquatique.

D’autres exemples étudiés par les scientifiques prouvent que la métamorphose du têtard se déroule un peu à la carte afin de limiter les risques d’affaiblissement, voire de disparition d’une espèce. Pour d’autres, les œufs ne sont pas déposés directement dans une mare mais sous les feuilles des végétaux qui surplombent un milieu aquatique afin qu’ils soient protégés jusqu’à leur éclosion. Dès que les œufs éclosent, les larves tombent dans l’eau où elles se développent.

Tous les batraciens sans exception sont d’une extrême utilité écologique. Hélas, 20 % des espèces de batraciens sont menacées d’extinction en France. C’est la raison pour laquelle une liste d’amphibiens a été fixée par arrêté (19 novembre 2007) afin de définir les modalités de protection des espèces menacées.

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